PERE,
Que de respect je garde de ton estimable personne et de ta mémoire,
Point parce que tu fus mon géniteur tant excellent mais mon espoir,
L'espace temps ne saurait me départir vraiment de ton omniprésence,
O combien de toi, me pèse l'infinie et insoutenable voire insondable absence,
Comment oublier tes injonctions si savantes, scrupuleuses et sages ?!
Tu étais si discret et si fort par ton mental qui t'imposait tel un mage !
Parfois quand je doutais même de mon ombre, tu étais là étrangement rassurant,
Tu avais cette fabuleuse faculté de vite saisir l'humain même si ton regard paraissait lent !
Jamais je ne t'ai vu vaciller, car en toutes circonstances tu restas impérialement digne !
Mais quel homme étais tu ? Que d'admiration me suscites tu quand j'évoque ton nom !
La nuit, quand mes mains caressent les ombres de ma chambre, j'entends de ta voix, le son,
Quoi que sera ma vie, je pense qu'à jamais, même quand j'oublierais mon être, tu seras mon signe !
Des valeurs, tu avais le sens, et quelque soit la douleur, jamais les pleurs et les malheurs ne faisaient partie de ton précieux langage,
Tu avais une opinion très forte de la fierté, de l'honneur et de la dignité et aucune richesse ne pouvait enfermer ta pensée en cage,
J'ai compté les lunes pour espérer te revoir un jour après ces quatre ans, pensant retrouver l'homme que tu es à qui jamais je n'ai dit, misère à moi : « je t'aime » !
Chaque fois que j'ai affronté l'adversité, je me suis souvenu du grand homme que tu étais dans les péripéties, et tu fus pour moi un modèle que sans fin on sème,
J'avais caressé le désir secret de te montrer le fruit de tes conseils, l'homme que je serai devenu, hélas, la laide demoiselle appelée « Mort » a saisi et emporté ta Vie !
Je n'ai pu à mon retour que contempler ta dépouille appauvrie par l'horrible conspiratrice à l'attentat du souffle de vie, et voir ton corps qui m'était si cher sur le parvis !
Papa, tu me manques, ta mort me déchire le c½ur, je t'aime et je n'ai jamais pu te dire de ma naissance à maintenant ce que je ressentais pour toi,
Aujourd'hui je crierai bien volontiers à la terre entière que « Je t'aime ! » et j'espère que ton esprit vogue toujours près de moi !